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FICP & interdit bancaire

Interdit bancaire (FCC) : ce que change réellement une inscription

« Interdit bancaire » est l’expression courante d’une réalité plus étroite qu’on ne le croit : la perte du droit d’émettre des chèques, rien de plus. Elle n’a pas d’effet sur la carte bancaire, sur le compte lui-même, ni sur la capacité à percevoir un salaire. Voici ce que le Fichier Central des Chèques modifie concrètement, et ce qu’il laisse intact.

Bureau de travail, étude d’un dossier bancaire
Photo : Scott Graham / Unsplash

D’où vient une interdiction bancaire

L’interdiction bancaire découle presque toujours d’un chèque émis sans provision suffisante sur le compte au moment de sa présentation. Dès que la banque constate l’incident, elle en informe le titulaire du compte et lui délivre un délai — généralement de trente jours — pour régulariser en approvisionnant son compte ou en récupérant le chèque concerné.

Passé ce délai sans régularisation, l’établissement retire le droit d’émettre des chèques et transmet l’incident au Fichier Central des Chèques (FCC), tenu comme le FICP par la Banque de France. L’interdiction s’applique alors à l’ensemble des comptes détenus par la personne, dans tous les établissements, et non au seul compte à l’origine de l’incident.

Autre cas de figure

Une décision judiciaire peut également prononcer une interdiction bancaire, notamment en cas d’usage frauduleux avéré de chèques. Ce cas reste marginal comparé à l’incident de provision, largement majoritaire parmi les inscriptions au FCC.

Ce qui change, et ce qui ne change pas

La confusion la plus répandue consiste à croire que l’interdiction bancaire ferme l’accès aux services financiers. En réalité, elle porte sur un seul moyen de paiement.

La personne concernée conserve également le droit au compte : si son établissement venait à fermer le compte, la Banque de France peut désigner d’office une autre banque tenue de lui ouvrir un compte assorti des services bancaires de base, carte à autorisation systématique comprise.

Durée de l’inscription et régularisation

L’interdiction bancaire est limitée à cinq ans au maximum. Elle prend fin plus tôt dès que l’une de ces conditions est remplie : le compte est de nouveau suffisamment approvisionné pour couvrir le chèque et ses éventuels frais, le chèque litigieux est restitué par le bénéficiaire, ou le paiement s’effectue par un autre moyen accepté par ce dernier.

Une fois la régularisation intervenue, la banque doit délivrer une attestation de régularisation et transmettre l’information à la Banque de France, qui procède à la levée de l’interdiction. Un délai de traitement de quelques jours ouvrés est habituel : il est recommandé de conserver une preuve écrite de la régularisation et de relancer l’établissement si la levée tarde au-delà d’une dizaine de jours.

Méfiance absolue

Aucune société n’est en mesure de « lever » une interdiction bancaire à la place du titulaire du compte moyennant des frais : seule la régularisation auprès de la banque concernée y met fin. Les offres payantes de « déblocage express » constituent, dans leur immense majorité, une escroquerie.

FCC et FICP : deux fichiers, deux logiques

CritèreFCC (interdit bancaire)FICP
OrigineChèque sans provision, usage frauduleuxRetard ou défaut sur un crédit, surendettement
Effet principalPerte du droit d’émettre des chèquesRefus d’accès à un nouveau crédit
Compte bancaireFonctionne normalement (hors chèques)Aucun effet direct
Durée maximale5 ans5 à 7 ans selon le motif
Une même personne peut figurer dans l’un, l’autre, les deux fichiers, ou aucun : ce sont des registres indépendants, consultés séparément par les établissements.

Questions frequentes

L’interdit bancaire empêche-t-il d’avoir un compte ?

Non. Il retire uniquement l’usage du chéquier. Le compte continue de fonctionner normalement avec une carte, des virements et des prélèvements.

Peut-on encore payer par carte bancaire ?

Oui, y compris avec une carte à autorisation systématique délivrée gratuitement dans le cadre du droit au compte, qui vérifie le solde avant chaque paiement.

Combien de temps dure une interdiction bancaire ?

Cinq ans au maximum, ou jusqu’à régularisation du chèque, ce qui met fin à l’interdiction par anticipation.

Le FCC et le FICP sont-ils le même fichier ?

Non. Le FCC recense les incidents liés aux chèques et cartes bancaires, le FICP les incidents liés aux crédits. Une personne peut figurer dans l’un, l’autre, les deux, ou aucun.

Un chéquier suffit-il à obtenir un crédit ?

Non, ce sont deux registres distincts consultés séparément par les banques. Ne pas être interdit bancaire n’efface pas une éventuelle inscription au FICP, et inversement.

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