FICP & interdit bancaire
Interdit bancaire (FCC) : ce que change réellement une inscription
« Interdit bancaire » est l’expression courante d’une réalité plus étroite qu’on ne le croit : la perte du droit d’émettre des chèques, rien de plus. Elle n’a pas d’effet sur la carte bancaire, sur le compte lui-même, ni sur la capacité à percevoir un salaire. Voici ce que le Fichier Central des Chèques modifie concrètement, et ce qu’il laisse intact.
D’où vient une interdiction bancaire
L’interdiction bancaire découle presque toujours d’un chèque émis sans provision suffisante sur le compte au moment de sa présentation. Dès que la banque constate l’incident, elle en informe le titulaire du compte et lui délivre un délai — généralement de trente jours — pour régulariser en approvisionnant son compte ou en récupérant le chèque concerné.
Passé ce délai sans régularisation, l’établissement retire le droit d’émettre des chèques et transmet l’incident au Fichier Central des Chèques (FCC), tenu comme le FICP par la Banque de France. L’interdiction s’applique alors à l’ensemble des comptes détenus par la personne, dans tous les établissements, et non au seul compte à l’origine de l’incident.
Une décision judiciaire peut également prononcer une interdiction bancaire, notamment en cas d’usage frauduleux avéré de chèques. Ce cas reste marginal comparé à l’incident de provision, largement majoritaire parmi les inscriptions au FCC.
Ce qui change, et ce qui ne change pas
La confusion la plus répandue consiste à croire que l’interdiction bancaire ferme l’accès aux services financiers. En réalité, elle porte sur un seul moyen de paiement.
- Ce qui disparaît : le droit d’émettre des chèques sur l’ensemble de ses comptes, et l’obligation de restituer les chéquiers en circulation à première demande de la banque.
- Ce qui reste possible : l’usage d’une carte bancaire — le plus souvent à autorisation systématique, qui vérifie le solde disponible avant chaque paiement —, les virements, les prélèvements, les retraits d’espèces et l’ensemble des opérations courantes du compte.
- Ce qui n’est jamais remis en cause : le compte lui-même. Une banque ne peut pas clôturer un compte au seul motif d’une inscription au FCC ; elle doit respecter un préavis contractuel comme pour toute clôture à son initiative.
La personne concernée conserve également le droit au compte : si son établissement venait à fermer le compte, la Banque de France peut désigner d’office une autre banque tenue de lui ouvrir un compte assorti des services bancaires de base, carte à autorisation systématique comprise.
Durée de l’inscription et régularisation
L’interdiction bancaire est limitée à cinq ans au maximum. Elle prend fin plus tôt dès que l’une de ces conditions est remplie : le compte est de nouveau suffisamment approvisionné pour couvrir le chèque et ses éventuels frais, le chèque litigieux est restitué par le bénéficiaire, ou le paiement s’effectue par un autre moyen accepté par ce dernier.
Une fois la régularisation intervenue, la banque doit délivrer une attestation de régularisation et transmettre l’information à la Banque de France, qui procède à la levée de l’interdiction. Un délai de traitement de quelques jours ouvrés est habituel : il est recommandé de conserver une preuve écrite de la régularisation et de relancer l’établissement si la levée tarde au-delà d’une dizaine de jours.
Aucune société n’est en mesure de « lever » une interdiction bancaire à la place du titulaire du compte moyennant des frais : seule la régularisation auprès de la banque concernée y met fin. Les offres payantes de « déblocage express » constituent, dans leur immense majorité, une escroquerie.
FCC et FICP : deux fichiers, deux logiques
| Critère | FCC (interdit bancaire) | FICP |
|---|---|---|
| Origine | Chèque sans provision, usage frauduleux | Retard ou défaut sur un crédit, surendettement |
| Effet principal | Perte du droit d’émettre des chèques | Refus d’accès à un nouveau crédit |
| Compte bancaire | Fonctionne normalement (hors chèques) | Aucun effet direct |
| Durée maximale | 5 ans | 5 à 7 ans selon le motif |
Questions frequentes
L’interdit bancaire empêche-t-il d’avoir un compte ?
Non. Il retire uniquement l’usage du chéquier. Le compte continue de fonctionner normalement avec une carte, des virements et des prélèvements.
Peut-on encore payer par carte bancaire ?
Oui, y compris avec une carte à autorisation systématique délivrée gratuitement dans le cadre du droit au compte, qui vérifie le solde avant chaque paiement.
Combien de temps dure une interdiction bancaire ?
Cinq ans au maximum, ou jusqu’à régularisation du chèque, ce qui met fin à l’interdiction par anticipation.
Le FCC et le FICP sont-ils le même fichier ?
Non. Le FCC recense les incidents liés aux chèques et cartes bancaires, le FICP les incidents liés aux crédits. Une personne peut figurer dans l’un, l’autre, les deux, ou aucun.
Un chéquier suffit-il à obtenir un crédit ?
Non, ce sont deux registres distincts consultés séparément par les banques. Ne pas être interdit bancaire n’efface pas une éventuelle inscription au FICP, et inversement.
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