Méthode
Capacité d'emprunt : la calculer soi-même en cinq minutes
Avant de visiter le moindre bien, un seul chiffre compte : ce que la banque acceptera de vous prêter. La méthode tient en deux formules, mais le vrai filtre, celui qui fait échouer les dossiers, arrive après : le reste à vivre.
La formule que la banque applique réellement
Votre capacité d'emprunt se calcule en deux temps. D'abord la mensualité maximale, ensuite le capital que cette mensualité permet d'emprunter.
(Revenus nets mensuels × 35 %) − charges de crédit existantes
Les revenus retenus sont vos revenus nets avant impôt, salaires et revenus stables confondus. Les revenus locatifs ne sont comptés qu'à hauteur de 70 à 80 %, pour couvrir la vacance et les charges. Les primes variables sont retenues sur une moyenne de trois ans, les allocations familiales rarement.
À partir de la mensualité, la banque remonte au capital selon le taux et la durée. En août 2026, sur 20 ans à 3,31 %, 1 000 € de mensualité hors assurance financent environ 175 000 € de capital. Sur 25 ans à 3,43 %, environ 200 000 €.
Ajoutez enfin l'apport, retirez les frais de notaire (7 à 8 % dans l'ancien, 2 à 3 % dans le neuf), et vous obtenez votre budget d'achat réel.
Trois exemples chiffrés, du plus simple au plus tendu
| Profil | Revenus nets | Mensualité max | Capital empruntable |
|---|---|---|---|
| Célibataire, sans crédit | 2 400 € | 840 € | ≈ 147 000 € |
| Couple, sans crédit | 4 500 € | 1 575 € | ≈ 275 000 € |
| Couple avec crédit auto de 280 € | 4 500 € | 1 295 € | ≈ 226 000 € |
Lisez attentivement la troisième ligne : un crédit auto de 280 € par mois ampute la capacité d'emprunt de près de 49 000 €. C'est le calcul le plus rentable à faire avant d'acheter : solder les petits crédits en cours rapporte souvent plus que d'attendre une baisse de taux.
Le reste à vivre : le second filtre, celui qu'on oublie
Passer sous les 35 % d'endettement ne suffit pas. La banque vérifie ensuite ce qu'il vous reste chaque mois une fois la mensualité payée. Ce reste à vivre n'est fixé par aucun texte, mais les pratiques convergent :
- Environ 800 à 1 000 € pour une personne seule ;
- 1 200 à 1 500 € pour un couple ;
- Plus 300 à 400 € par enfant à charge.
Conséquence directe : à 35 % d'endettement, un ménage à 2 200 € de revenus peut être refusé quand un ménage à 6 000 € passe sans discussion. Le ratio est le même, le reste à vivre non. C'est aussi pourquoi les hauts revenus obtiennent parfois des dérogations au-delà de 35 %.
Les cinq leviers pour augmenter sa capacité d'emprunt
Allonger la durée
Le levier le plus immédiat. Passer de 20 à 25 ans augmente le capital empruntable d'environ 14 %. Le coût total grimpe en revanche fortement : à n'utiliser que si l'écart fait basculer le projet.
Solder les crédits à la consommation
Chaque 100 € de mensualité supprimée libère environ 17 500 € de capacité sur 20 ans. Un rachat de crédit peut servir de préalable à un projet immobilier.
Renforcer l'apport
L'apport n'entre pas dans le calcul du taux d'endettement, mais il réduit le montant à emprunter et rassure. Au-delà de 20 %, il ouvre la négociation sur le taux.
Faire jouer le prêt à taux zéro et les prêts aidés
PTZ, prêt Action Logement, prêts des collectivités : ces financements sans intérêt ou à taux réduit augmentent le budget sans peser sur l'endettement dans les mêmes proportions.
Emprunter à deux
Deux revenus, un seul reste à vivre commun : la capacité d'un couple est presque toujours supérieure à la somme des capacités individuelles.
Emprunter au maximum de sa capacité, c'est acheter sans marge. Prévoyez une épargne de précaution équivalente à trois à six mois de mensualités : une chaudière, un congé sans solde ou une hausse de charges de copropriété arrivent toujours au mauvais moment.
Questions frequentes
Combien puis-je emprunter avec 2 000 € par mois ?
Avec 2 000 € nets et aucun crédit en cours, la mensualité maximale est de 700 € assurance comprise. Sur 20 ans à 3,31 %, cela représente environ 120 000 € de capital, hors apport et hors frais de notaire.
Les revenus locatifs comptent-ils dans le calcul ?
Oui, mais partiellement : les banques retiennent en général 70 à 80 % des loyers perçus, pour tenir compte de la vacance locative, des charges et des impayés.
Un CDD ou un statut d'indépendant bloque-t-il le dossier ?
Non, mais la banque demande de l'antériorité : deux à trois bilans pour un indépendant, une continuité d'emploi démontrée pour un CDD ou un intérimaire. Un apport plus élevé compense largement un statut atypique.
Faut-il déduire l'assurance emprunteur de la mensualité maximale ?
Oui. Le taux d'endettement se calcule assurance comprise. Une assurance à 0,30 % sur 200 000 € ajoute 50 € par mois, qui s'imputent sur votre mensualité disponible.
Peut-on dépasser 35 % d'endettement ?
Les banques disposent d'une marge de flexibilité sur une partie de leur production, réservée en priorité aux primo-accédants et aux résidences principales. Un reste à vivre confortable est la condition de fait pour en bénéficier.
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